La vie du Poulailler Le poulailler

La moitié d’une grossesse

Je ne sais pas trop par où commencer pour raconter l’histoire de notre petite Z, notre 2ème fille.
Peut-être faudrait-il commencer par parler de ma grossesse, ou plutôt de la moitié de ma grossesse.
Faire la moitié d’une grossesse ça veut dire quoi ?
Faire la moitié d’une grossesse ça veut dire avoir la plupart (tous) les maux d’une grossesse : fatigue, maux de ventre, insomnie, nausées, douleurs au dos, changement d’humeur, maux de tête et j’en passe hein…(merci les hormones!)
Faire la moitié d’une grossesse c’est justement passer à côté de la partie épanouissement total et regain d’énergie que beaucoup de femmes peuvent connaitre et que j’ai connu pour ma 1ère grossesse.
Faire la moitié d’une grossesse ça veut aussi dire voir son ventre s’arrondir plus rapidement que pour la 1ère grossesse, mais c’est le voir disparaitre le soir même de l’annonce des anomalies, comme si mon corps nous disait que ça serait bientôt fini…
Faire la moitié d’une grossesse ça veut forcément dire avoir à peine le temps de ressortir ses vêtements de grossesse, et finalement les remettre dans un carton beaucoup trop tôt.
Bref ça veut dire louper des moments ultra chouette.

Mais bien heureusement cette 2ème grossesse n’a pas été que fatigue et douleurs.
Déjà, le plus important, nous l’avons senti bouger dans mon ventre, et ça, ça vaut toutes les douleurs du monde.
Ensuite elle s’est déroulée pendant la douce (et fatigante !) période de Noël avec des repas de famille à gogo et des sorties pour occuper les enfants.
Nous avons également eu le temps de partir en amoureux à Londres en février et ça c’était vraiment super ! Aucune douleur ou autre symptôme désagréable, nous avons pu en profiter pleinement à 3. Nous nous sommes procurés le fameux Pin’s « Baby on board! » que j’arborai fièrement dans le métro et ailleurs. Entre parenthèse, c’est juste génial ce Pin’s ! A quand le même pour Paris et ailleurs ? Je dis ça je dis rien. C’est pas comme si les gens se précipitait pour laisser leur place aux femmes enceintes, aux personnes âgées ou aux mamans avec enfants hein. Bref.

De retour de Londres, nous avons fait l’écho de la fin du 1er trimestre. Cette fameuse échographie où si tu as un peu de chance tu peux découvrir le sexe de ton bébé et où normalement on te dit que tout va bien… Ma seule crainte était de ne plus entendre battre son cœur. A aucun moment je n’ai imaginé un autre problème.
Surtout que nous avions déjà eu 2 échographies de contrôle où tout s’était très bien déroulé. Nous avions entendu son cœur, nous l’avions vu bouger, nous avions vu ses petits membres en formation et RAS.
Donc le jour J une fois que nous avons entendu son cœur battre j’étais en mode OUF ! Bon maintenant dis-nous le sexe et on rentre à la maison !
Ça ne s’est pas vraiment passé comme ça hein… Cette échographie a été un cauchemar du début à la fin car très rapidement la gynécologue a prononcé ces mots qu’on espère JAMAIS entendre : « il y a un souci hein ». Mon cœur s’est littéralement arrêté de battre. Papa poule m’a dit de ne pas m’inquiéter et d’attendre la fin de l’examen. Mais plus la gynéco regardait notre bébé, plus elle trouvait des anomalies. J’ai passé tout l’examen en larmes avec un papa poule tout autant choqué et sidéré que moi et qui n’avait clairement plus les mots pour me rassurer après la série de mauvaises nouvelles. Pourtant nous la voyons bouger. Paradoxalement elle semblait pleine de vie.
La gynécologue a terminé son examen interminable en nous disant mot pour mot que notre « petite fille n’était certainement pas viable ». Nous avons donc appris que nous attendions une petite fille en même temps que nous allions probablement la perdre.
Nous sommes repartis sous le choc, avec une lettre pour faire des examens en urgence.
Je crois que je ne réalisais pas trop.
Comment cela pouvait-il nous arriver à nous ?! Ce genre de drame est toujours un peu éloigné de nous, de nos vies. Pourtant on entend des histoires d’amies d’amies ou de collègues, mais ça nous semble loin, on ne se sent pas vraiment concerné même si on ressent de l’empathie envers les personnes qui vivent ces situations. On se dit juste qu’on a de la chance et qu’il n’y a pas de raison pour que ça change. Et heureusement qu’on se dit ça ! A quoi ça sert d’imaginer tout le temps le pire ?!
Alors pourquoi ça tombe sur nous ??? Je faisais tout comme il fallait avant même de tomber enceinte : pas d’alcool, pas de cru, des vitamines et surtout de l’amour à gogo à donner.
Quelle injustice…quel choc.
Plus tard (je précise bien, plus tard) j’arriverais à me dire que c’était écrit, que c’était notre histoire, qu’elle nous avait choisi pour être ses parents. Mais sur le coup nous sommes juste sonnés, choqués, en colère et terriblement tristes.

Et ce n’était que le début…

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2 Comments

  • Reply
    CLP
    22 juin 2018 at 22 h 53 min

    ❤️

  • Reply
    Tiphaine
    27 juin 2018 at 21 h 40 min

    Les mots sont bien choisis pour exprimer ce moment difficile de la vie. Merci , c’est rassurant (si on peut dire) de ne pas se savoir seul. Bon courage pour la suite il y a des hauts et des bas mais on oublie jamais son ange même si la vie continue.

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